Quant à Beth ; suite.

°°°
Camille fût réveillé aux alentours de 10h, par les marteaux piqueurs des ouvriers au coin de la rue des châlumeaux où trône l'immeuble des Eglantines qui loge depuis peu Odile, sa grand-mère. Celle-ci avait ce matin allumé la télévision sur France2 et, sur les verres de ses lunettes se reflétait le déroulement de Motus señor --le junior étant réserver aux périodes de vacances scolaires -- : Camille reconnaissait la mélodie lancée quand un candidat piochait une boule noir. Il se leva entre baillements, étirements et vêtements de la veille. L'appartement de la vieille dame n'était pas luxueux mais au moins il y avait deux chambres, une cuisine et une salle de bain équipées, un petit salon confortable, un cellier pour entasser les courses et les jouets des petits enfants, un lave vaisselle mais pas de machine à laver : Odile préférait se faire des copines à la laverie automatique. Après une rapide douche, Camille alla l'embrasser sur le front et lui demanda le programme de sa journée. Elle désirait faire quelques courses et retourner voir le petit chien de Jardiland.
- En voiture Simone!
- Non non, mon emission n'est pas encore terminée.Va chercher le pain plutôt si ça ne t'ennuie pas, à moins que tu préfères rester avec ta vieille mamie qui perd la boule.
- Mais non mamie tu ne perds pas la boule, faut préserver un peu ta mémoire mais t'es quand même encore bien conservée.
- Oh dépêche toi de partir avant que je sois moins gentille!
- J'y cours!
Il attrapa sa veste, un billet de 5euros et sortit.

°°°

A l'étage du dessous, une crinière rousse sortait de dessous les couvertures.
Beth déteste le dimanche, car tout le monde reste chez soi pour se reposer avant de reprendre sa semaine de boulot ou d'école.
Elle avait à peine quitter l'école, et ne savait pas du tout dans quoi s'orienter.
Pourtant depuis sa première année de lycée elle avait eu le temps d'y réfléchir, mais elle ne s'était jamais décidée.
Elle avait pris option anglais renforcé car son rêve était de faire des visites guidées dans des musées à Londres mais on l'avait vite découragée : "Oh Londres c'est plus ce que c'était, les bus à deux étages ne sont même plus autorisés, les jeunes boivent tous comme des trous etc etc".
Depuis elle cherche, du journalisme? prof d'anglais? l'école du Louvre? Elle n'en sait strictement rien.
Du coup elle cherche un peu partout, sur internet, dans les facs de Toulouse, par des connaissances etc. Et en attendant elle fait quelques boulots très variés, celui du moment : des visites guidées au Centre d'art moderne et contemporain les Abattoirs, à Toulouse donc. Elle s'y plaît, mais souhaite réellement continuer ses études.
Elle sort de sa chambre, Julia sa collocataire qui elle fait des études pour devenir sage femme entre juste :
- Bah t'étais où?
- J'suis allée m'excuser à la concierge pour le bruit d'hier soir, et comme elle avait rendez-vous chez son kiné de la place André Malraux, je l'y ai déposée pour lui éviter de payer le taxi, elle n'aime pas prendre le bus.
- D'accord, d'accord. Dis moi, si je rentre dans ce qui nous sert de salon je deviens verte ou pas?
- Oh c'est bon, râleuse va! Au fait j'ai croisé un type que j'avais jamais vu en sortant. Il est brun, les yeux gris clairs, vachement grand.
"Grand, yeux clairs, cheveux bruns..."
- Ah oui, j'l'ai croisé hier dans l'ascenceur je suis sortie cinq minutes après qu'une grande bringue m'ait craché dessus un truc qui ressemblait à de la vodka.
- I'm sorry ! Bon qu'est-ce que tu comptes faire aujourd'hui?
- je ne sais pas, ça te dit un ciné, puis un restau sur la place du Capitole?
- Ok pour le ciné, par contre après je dois rejoindre Charly ...
- Sans problème j'me fais une tête qui ressemble à ce que j'étais avant et on y va.
- Allez c'est partit!
Beth courût à la salle de bain, enfila un sweet appartenant à son père et un jean, se brossa les dents rapidement, se remonta les cheveux, se considéra l'air soulagé et ressortit aussi rapidement qu'elle était entrée.

°°°

Camille remontait les escaliers une baguette sous le bras et une boite en carton contenant deux tartelettes aux fraises.
Il atteignait le 7° étage et vît une fille qu'il avait rencontrée la veille et une autre qu'il avait entre-aperçue le matin même en sortant.


*Mille excuses les dialogues c'est pas encore trop mon fort j'dois me torturer l'esprit pour trouver un truc qui fait pas trop tâche lol.
Si quelqu'un souhaite écrire la suite, y'a pas de problèmes ceci est juste un prémice et je m'engage personnellement à faire éditer cette nouvelle. Mais je serai curieuse de voir votre façon de le remanier :)

# Posté le dimanche 11 mars 2007 07:50

la bulle { Alice } Quatrième partie par Petite-Prince

la bulle { Alice } Quatrième partie par Petite-Prince
Le petit garçon lui pris la main et lui dit:

_Maintenant, nous devons nous dépêcher ou nous arriverons en retard.

_ Arriver en retard à quoi ?!

_Tu le saura si on arrive à l'heure, déclara le petit garçon en gloussant. Bon à présent tu ne doit pas me lacher la main et tu doit penser avec moi.

_Penser avec toi ?!

_Oui, c'est très simple, tu n'a qu'a te dire que tu est moi, et à penser chaqun des mouvements que j'exécute.

_Et si je n'y arrive pas ?, demanda Catherine un peu inquiète.

_Dans ce cas je serait obligé de te lacher, et il faudra que je récupère tout tes morceaux, qu'on te réassemble, et comme celà prend un temps fou, nous seront très en retard.

Catherie déglutit péniblement. Le garçonnet ferma les yeux et se mis à marcher. Au début, Catherine avait simplement l'impression, qu'il la trainait derrière lui, ce qui n'allait pas très vite, mais au fur et à mesure le paysage se transforma en lignes multiples de couleur. A travers cette espèce de spirale temporelle, Catherine sentait des odeurs tantôt délicieuses et tantôt exécrabes. Les couleurs tourbillonnaient autour d'eux, et à présent, la jeune fille devait beaucoup se concentrer pour "penser" avec son guide.

Au bout d'un instant, qui lui sembla une éternité, les lignes s'estompèrent et Catherine et le petit garçon aterrirent sur un chemin de pavés blanc, bordé de fleurs de toutes les couleurs, qui chantaient des airs tous plus doux les uns que les autres, et qui coordonés, semblaient former un orchestre d'instrument à vent. Ils levèrent les yeux. Au bout du chemin s'étendait à l'infini, la batisse la plus étrange qu'aie jamais vu la jeune fille : des tourelles semblaient y avoir été disséminés comme on ferait tomber des mikados sur une table . Des portes sans balcons étaient présentes n'importe où et le château semblait aussi grand qu'une ville entière. Catherine n'en croyait pas ses yeux, et le petit garçon qui avait remarqué son air ébahi lui dit avec malice :

_ Au faite moi Je m'apelle Joseph. Ici c'est ma maison, et celle de tout les autres personnages de mon histoire.

Si c'était la maison d'une seule histoire, Catherine se demandait quelle taille avait ce drôle de pays. Elle se demandait aussi pourquoi l'avait-on choisie elle ?! D'ailleurs choisie pour quoi exactement ?! En vérité elle n'avait aucune idée de qui était cet enfant, mis à part un héros de roman, et elle lui avait fait confiance quand même. Elle devait surement rêver...
Joseph lui pinça la joue et ajouta:

_Si tu a eu mal c'est que tout ça est réel. Maintenant on se dépèche ou on va vraiment être en retard.

_Tu lit dans mes pensées ?!

_Pas exactement, répondit-il. Et il se mit à courrir sur le chemin de pavés blancs.

Catherine ne savait pas si elle devait le suivre. Et puis d'un coup, tout lui parut évident : puisqu'elle était là, dans cette autre réalité, et que rien ne l'attendait dans "son" monde, autant se plier aux règles du jeu et d'essayer d'enter dans la danse. D'autant plus que cet endroit là lui paraissait, bien plus amusant et bien plus fantastique que tout les livres qu'elle avait pu lire. On lui offrait l'opportunité d'être l'héroïne de sa propre histoire et elle n'allait pas laisser filer cette chance.
Joseph était déjà très proche des imenses portes du château.

_Hé ! attend moi !, hurla-elle.

Et elle se mit à courrir sur la route en riant , elle ne savait pas ou elle allait, mais dans l'absolu ça lui était égal, tant qu'elle pouvait s'éloigner de sa triste réalité...





Cela me semble une jolie fin, mais c'est à vous de voir si vous voulez faire le 5ème et dernier chapitre.

# Posté le samedi 10 mars 2007 11:12

Modifié le samedi 10 mars 2007 14:13

Message d'espoir

Message d'espoir
Elle gambadait, un sourire un peu idiot sur le visage. Elle allait de rues en rues, désaffectées ou non, qu'importe ! Tout était beau. Elle n'avait pas 20 ans, elle riait juste, comme ça, elle ne savait pas pourquoi. Elle dansait, elle chantait, elle virvoletait d'une pierre à l'autre, d'une vitrine à l'autre, et les passants la regardaient d'un oeil qui disait "il y a des chieurs partout sur la planète". Mais qu'importe. Son sourire s'aggrandi un peu plus quand elle vit un jeune couple lui faire un signe de la main. Elle ne les connaissaient pas, non, mais est-ce si important au fond ? Aimer le monde, aimer la vie, aimer tout ce que l'on a, au lieu de sans cesse se dire que "l'herbe est bien plus verte chez le voisin".

Elle bondi jusqu'à l'esplanade du centre ville et joue les funambules sur le rebord de la fontaine des "trois grâces". Elle rit, encore, quand un petit chat blanc, tout blanc, vient se fronter contre ses jambes en ronronnant. Elle le prend dans ses bras et exécute quelques pirouettes avec le petit être à bout de bras, puis elle s'effondre dans le gazon en riant un peu plus fort, provoquant un envole d'oiseaux.

La petite boule de poil trotine sur sa poitrine et viens lui lêcher le bout du nez en ronronnant, d'une main distraite elle lui caresse la tête doucement en regardant les quelques nuages ephémères qui se baladent dans le ciel azur. Et sans prendre garde elle s'endort avec, encore, un sourire abilement dessiné sur ses lèvre.

Elle est heureuse, mais elle ne saura pas vous dire pourquoi. C'est juste qu'elle aime vivre, Chloé, dans un monde pas très beau mais après tout, l'espace d'une vie est le même qu'on le passe en chantant ou en pleurant.

# Posté le jeudi 08 mars 2007 11:51

Modifié le samedi 07 avril 2007 15:31

Reflexion intime

Comment?

il y a une question que j'me pose..
comment ai-je pu être aussi naïve et croire que quelque chose se produirait?
A mon âge on ne croit plus au prince charmant si?
Si l'on ne compte pas les naïves, aucune n'y croit!
Question idiote en fait veuillez m'excuser.
ça doit bien exister des oiseaux comme ça : élégants, protecteurs, attentionnés etc.
Seulement faut pas les chercher à dix mille lieues de notre propre contrée c'est bien idiot. Non?
Si hein oui je sais.
C'est totalement stupide.
Puis d'origine "chaud-bouillante" ça craint un maximum quand même!
Bah oui parceque tu te dis, super ce gars me fait du gringue là j'dois lui plaire, puis il n'est pas trop mal lui non plus hein.
Seulement non à ce moment faut te dire oui bon ben oublie cher petit je ne suis pas interressée désolée les brisages de coeur c'est pas trop trop mon truc.
Le pire... je dis bien le pire! c'est que moi même je savais tout ça!
Mais non bougre d'adouilel tombe pas amoureuse de lui ça sert à rien tu le reverras probablement jamais de ta vie même s'il te dit le contraire mais oui tu vas attendre tout l'été, tu vas t'ennuyer à mort en l'attendant mais moins d'une semaine avant la date prévue ça sera toi qui l'appellera pour demander si cohabitation il y aura pour deux ou trois jours et blasé seulement il se dira puis il te racontera sa super première soirée d'inauguration à un casino et te promettra que la prochaine fois il ira avec toi. Là tu raccrocheras t'iras t'asseoir sur le canapé velour orange de ton salon, puis tu te remettras debout t'iras dire à ta frangine d'un air morne et impassible : bon ben il ne vient pas. Pis tu iras te rasseoir sur ce canapé bien au milieu là où ta mère n'aime pas parceque les deux coussins se barrent de chaque côté et ce n'est pas toi qui les remet en place, tu t'allongeras en prenant bien soin d'enfouir ta tête dans un coussin qui traîne. Là tu pleureras toutes les larmes que ton corps contient en te disant que la vie est injuste.
Mais à sa prochaine connection sur le net tu feras mine comme lui que tu es juste blasée mais en fait tu seras franchement dégoutée qu'il t'ait posé cet énorme lapin que tu sentais si bien venir.
Mais non c'était plus fort que toi, le bonhome est arrivé dans ta vie avec ses "je t'aime" à non plus finir, ses petites appellations certainement pathétiques mais qui font plaisir à chaque fois. Il ne t'appelle pas, ne t'envoie pas de textos si tu ne le fais pas, même chose avec les e-mails et même en se trouvant la qualité de toujours répondre il répondra pour ainsi dire une fois sur cinq et toi tu lui trouveras toujours des excuses alors que tu sais qu'il est surement avec un autre fille et que tu es la quatre vingt et unième voir plus. Parceque oui il compte ses aventures.
Et puis le fait qu'il soit avec une autre c'est pas ton problème, vous n'êtes liés à aucun contrat et tu sais normalement qu'il n'y en aura jamais alors à quoi bon.
Et quelques mois après ce fameux lapin tu en es toujours au même point voir pire et tu t'aperçois réellement qu'il ne se réalisera rien de tes rêves de petite fille bien gentille bien sage.
Il te paiera jamais un tour de grande roue pour t'embrasser au sommet ni aucun rêve simplet, naïf, à l'eau de rose d'une fille de 15ans et demi et maintenant 16ans qui n'a pas eu tellement de chance encore en amour.
Et là tu sais pas quoi faire tu te sens mal et c'est tout.
Tu ne vas même pas lui dire parcequ'il te sortira un discours philosophique et tu ne veux pas qu'il croit que tu es dépendante de lui. Tu ne veux pas qu'il sache que malgrè tout tu es réellement tombée amoureuse, que tu racontes réellement tout ce qu'il te promet à tes meilleures copines, et qu'enfin tu dis à qui veut l'entendre que c'est la première fois que tu tombes amoureuse.
Mais ouvre les yeux idiote tu n'es pas amoureuse c'est du n'importe quoi!
Ce garçon n'est qu'un garçon qui habite à un bout de l'océan atlantique et toi de l'autre bout.
Il te dit des jolies choses mais il a dit les mêmes à poignées d'autres filles.
Et si ça fait plus de 9 mois que vous vous connaissez, parceque oui tu as calculé que vous vous étiez rencontré le 03 mars 2006 et tous les 3 de chaque mois tu lui envoies un sms débile avec le numéro du mois attenint ce jour là, c'est peut être simplement parcequ'il voulait se persuader qu'il était génial d'être resté si longtemps avec une fille même si elle habite à sept ou 8 heures d'avion de chez lui.
Ah tu as fait une belle boulette là tu le vois à présent, tu ne doutes plus mais tu t'accroches. Après tout qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour quelques mots d'amour de plus? C'est vrai on se sent bien à chaque fois même si les sentiments n'y sont probablement pas.
Et puis pourquoi je parle moi?
Ce monologue interrieur à la con là à quoi il sert?
A me morfondre sur mon sort? Non je vaux quand même un peu mieux que ça.
Et puis si je le dis c'est que je le sais, que je sais tout ça donc je ne suis pas si desespérée au fond.
Oh et puis zut tais toi ma grande tu es encore une petite fille niaise, timide, romantique, amoureuse transi qui ne sait bien sûr pas ce qui l'attend dans la vie.
Bonne nuit, une haleine de roblochon n'a jamais attirée personne si? jvais me brosser les dents et grimacer négligemment dans la classe pour te faire rire un peu.


Et effectivement quand j'vois que ça fait 3mois que j'ai écris ça, je rigole bien lol. ça c'est pour quand vous déprimez, moi sérieux, c'est un bon remède (j'suis sympa j'essaie de soigner les maux de coeur :p).

# Posté le mercredi 07 mars 2007 14:05

Il n'y a rien là-bas (suite?)

Il n'y a rien là-bas (suite?)
Son nouveau compagnon de fortune lui confia rapidement sa vie, au gré de leurs pas, il lui raconte son enfance pauvre dans une petite bourgade de campagne, puis sa décision de mener cette vie de pérégrinations, solitaire, libre, sans attache. Il se sent une étrange affinité pour cet homme qui comme lui n'a pas d'autre maison que les chemins et les fossés, et pour toit le ciel et les étoiles. Mais lui, il n'a pas choisi cette longue errance pour les mêmes raisons...

Après plusieurs heures de marche animée par son long monologue, le marchand lui apprend qu'ils arrivent dans un petit hameau où a lieu une fête foraine à laquelle il doit venir présenter ses produits. Ils pénètrent donc dans les ruelles étroites et abandonnées, se fiant aux rires enfantins et aux effluves de graisse frite pour localiser puis rejoindre la foire. Le vendeur le prévient qu'il doit rejoindre son emplacement rapidement, et qu'il en a pour au moins jusqu'à la tombée de la nuit. Après avoir fixé leur rendez-vous devant le seul bar de la place, les deux hommes se séparent.
Il déambule permis les étals et les baraquements bariolés, s'imprégnant des sons, des images et des odeurs qui dansent autour de lui, abruti par tant de mouvements après sa solitude si complète...
Lui qui n'avait plus vu de visage humain depuis tant de temps, il a maintenant l'impression de redécouvrir le monde, il se sent étouffé, englouti, broyé par cette foule qui le presse de tout part, bruyante et mouvante comme l'herbe haute sous le vent dans les champs où il avait l'habitude de dormir.
Puis aux grés des aléas de cette gigantesque masse, il se retrouve d'un coup projeté devant un stand de tir à la carabine.
Une brusque nausée l'envahit, la vue de tous ces enfants si purs encore, si innocents, mais tenant déjà une arme destructrice entre leurs petites mains fait courir de longs frissons glacés sur sa peau moite. Sa vue se brouille, ses jambes tremblent de manière incontrôlable. Une douleur fulgurante le traverse soudain, le laissant haletant à quatre pattes sur le pavé poisseux.
Il se roule en boule en gémissant, de grosses larmes roulent sur ses joues creusées, de puissants spasmes l'agitent.
Puis les images le submergent par vagues successives, toutes plus violentes que les précédentes. Il tente tout d'abord de lutter, de repousser ces visions qui l'assaillent. Mais la douleur le terrasse, et il doit rendre les armes, abandonner et accepter en lui ces flashs.
Ses souvenirs si longtemps enfuis au plus profond de lui le détruisent, comme un fleuve en furie, l'emportant loin, très loin en arrière... Dans ce passé qu'il avait tellement cherché à fuir. Ses vieux démons ont malgré tout fini par le rattraper.
***
Des visages grimaçants, déchiquetés, rongés, à demi arrachés. Des chairs brûlées, éclatées, des muscles à vifs, des os béant des peaux percées. Des yeux vides, le fixant à jamais de leur regard accusateur.
Des enfants nus hurlant en s'enfuyant, consumés vivants par une souffrance monstrueuse, inhumaine, qui leur dévore le corps. Leur peau part en grands lambeaux sanguinolents, formant comme une large corolle autour d'eux.
L'odeur de chair calcinée est insupportable.
Des morts, des morts, des morts. Partout.
Une main littéralement écorchée vive se tend vers lui dans un dernier sursaut de vie.

Puis vient le bruit.
Un pilonnage incessant qui semble résonner indéfiniment en lui à chaque bombe lâchée sur le village et la jungle alentour.
Le rugissement du feu, emportant tout dans un déluge de flammes et d'étincelles, montant vers le ciel noir comme l'enfer, parcouru de gigantesques ombres plus noires encore.
Les hurlements atroces sortant des corps mutilés partout autour de lui. Toutes ces plaintes de détresse et de douleur, ces sanglots déchirants le rendent fou.

Accroupi, suffoqué par la terreur, son uniforme souillé par sa peur. Il a les yeux fermés, crispés, et ses mains bouchent obstinément ses oreilles, se balançant d'avant en arrière, d'arrière en avant, il se répète inlassablement cette même phrase en hurlant. Comme pour tenter de masquer les bruits de cette apocalypse l'entourant, le bruit des bombes, des flammes rugissantes, des chairs ravagées au napalm :
« Ce n'est pas de notre faute. Ce n'est pas de notre faute. Ce n'est pas... ».

Mai 1967 : provinces de Quang Ngai et Quang Nam, 327 ème bataillon d'infanterie sur l'ordre de JFK Kennedy.
***
Il ne releva jamais. Ses fantômes l'ont emporté avec eux.
Ne les oublions pas...
plUamm

# Posté le mercredi 07 mars 2007 12:31