Il était militaire, avant. Il était curieux et aimait l'adrénaline, il s'est engagé. Il est entré dans le moule, s'est fondu dans la masse, est devenu un des leurs, un frère. Il est entré dans leur "famille", a appris tout ce qu'un soldat doit savoir.
"Lui c'est mon fusil, il y en a beaucoup comme lui mais celui là c'est le mien. Sans lui je ne suis rien et sans moi il n'est rien."
Il a bien intégré leurs leçons, les a laissé de bonne grâce lui laver le cerveau de toute pensée humaine lui apprenant à réfléchir en stratège.. On ne gagne pas la guerre avec des sentiments. Il a vite su par coeur le maniement du M16, de la Kalashnikov, du fusil à pompe et du lance-rocket. Il a appris a compter machinalement le nombre de barrettes sur l'uniforme d'un supérieur pour savoir à quel point il lui devait le respect, parce que le respect se compte en barrettes et en médailles dans l'armée. Il a appris a tuer, à penser en prédateur. Son formatage était réussi, chaque particule de son être pensait en soldat. Et il était doué ! Il répondait aux "Gardes à vous" et aux "Repos". Il était une machine à suivre les ordres sans les remettre en question. Les ordres venaient de plus haut, de plus gradés, il fallait obéir et ça lui allait. Plier les T-Shirt et autres hauts de treillis au format 21/29.7 vérifiés avec une feuille de papier aux dimensions. Le lit fait au carré. Les fouilles des colis. Les inspections des chambres avec des gants blanc pour mettre en lumière le moindre fragment de poussière. Au moindre dérapage le Sergent Chef saccageait tout ce beau travail et il fallait recommencer à zéro. Aucun droit à l'erreur et il s'y était fait, c'est comme ça dans l'armée.
Mais un jour, ça s'est compliqué, ça a pété dans un pays allié (Côte d'ivoire, Irak, Afghanistan, selon le pays d'origine rayer les mentions inutiles) et il a fallu y aller. Le peuple ne s'en est pas le moins du monde formalisé, maintenant c'est monnaie courante d'envoyer des soldats au quatre coins du globe - à quoi bon protester ? Son régiment était en partance et il le rejoignis à l'aéroport vêtu de son plus bel uniforme sans le moindre faux pli après avoir rendu sa mère morte d'inquiétude en lui annonçant qu'il allait au combat. Il pensait pas qu'il pouvait y mourir. Cette idée lui avait bien traversé l'esprit mais il n'y a pas accordé d'importance en se racontant la même histoire "On a de plus gros moyens. On a les meilleures armes. On est mieux entraîné. On est mieux organisé.". Ces mots ne prouvaient pas qu'il n'y mourrait pas, mais il ne fallait pas penser à la mort, ça pourrait l'attirer ; alors il n'y pensait pas et se répéter sa comptine à longueur de temps. Et puis arrivé dans le pays, ça ne s'est pas passé comme il le pensait. Il était là pour calmer, mais visiblement les habitants ne le savaient pas parce que ça a à nouveau pété, encore plus fort et parce qu'il était là ! Ce qu'il sont cons ces habitants, m'enfin...
Il était là pour les calmer, pour apaiser les tensions, alors pour ça les dirigeants ont décidés qu'il fallait que l'armée aussi il fassent péter le pays. C'est bien connu, ça calme tout de suite quand tu cognes... On lui a demandé de tirer sur des cibles, alors il l'a fait mais les cibles étaient humaines quand même ! Mais ça, il s'en est rendu compte qu'une fois l'adrénaline envolée. Il a fini par se rendre compte que les cibles, c'était des gens. Hommes, femmes, enfants, il avait pas réaliser en les regardant à travers son viseur ! C'est fou ce qu'un Sniper peut faire comme dégâts. Les corps mutilés, les membres disloqués, les viscères étalées, ça faisait beaucoup et il vomi au milieu des cadavres. Il regrettait. Il avait suivi les ordres. Il avait fait ce qu'on lui avait dit, mais personne ne l'avait jamais prévenu qu'il ressentirait ça. Il avait honte. De lui, de l'armée et de son pays. Il pensait pas qu'il mourrait au combat, mais il pensait pas que la mort était pareille pour tout le monde et qu'elle faisait toujours mal. C'était moche mais ils avaient calmé le pays, c'était le but. La fin justifie les moyens. Il est rentré dans son pays, il était un héros, un ancien combattant à 23 ans. Il a eu des médailles et des félicitations. C'était n'importe quoi, il l'avait compris et ça lui donnait la nausée, il voulait plus y participer. Il a quitté l'armée, est redevenu un civil.
Il s'est construit une vie tranquille avec un job, une voiture, une copine et un appartement. Et cette fille pour l'instant allongée sur son torse ne s'imagine pas qu'elle dort aux côtés d'un tueur.
"Lui c'est mon fusil, il y en a beaucoup comme lui mais celui là c'est le mien. Sans lui je ne suis rien et sans moi il n'est rien."
Il a bien intégré leurs leçons, les a laissé de bonne grâce lui laver le cerveau de toute pensée humaine lui apprenant à réfléchir en stratège.. On ne gagne pas la guerre avec des sentiments. Il a vite su par coeur le maniement du M16, de la Kalashnikov, du fusil à pompe et du lance-rocket. Il a appris a compter machinalement le nombre de barrettes sur l'uniforme d'un supérieur pour savoir à quel point il lui devait le respect, parce que le respect se compte en barrettes et en médailles dans l'armée. Il a appris a tuer, à penser en prédateur. Son formatage était réussi, chaque particule de son être pensait en soldat. Et il était doué ! Il répondait aux "Gardes à vous" et aux "Repos". Il était une machine à suivre les ordres sans les remettre en question. Les ordres venaient de plus haut, de plus gradés, il fallait obéir et ça lui allait. Plier les T-Shirt et autres hauts de treillis au format 21/29.7 vérifiés avec une feuille de papier aux dimensions. Le lit fait au carré. Les fouilles des colis. Les inspections des chambres avec des gants blanc pour mettre en lumière le moindre fragment de poussière. Au moindre dérapage le Sergent Chef saccageait tout ce beau travail et il fallait recommencer à zéro. Aucun droit à l'erreur et il s'y était fait, c'est comme ça dans l'armée.
Mais un jour, ça s'est compliqué, ça a pété dans un pays allié (Côte d'ivoire, Irak, Afghanistan, selon le pays d'origine rayer les mentions inutiles) et il a fallu y aller. Le peuple ne s'en est pas le moins du monde formalisé, maintenant c'est monnaie courante d'envoyer des soldats au quatre coins du globe - à quoi bon protester ? Son régiment était en partance et il le rejoignis à l'aéroport vêtu de son plus bel uniforme sans le moindre faux pli après avoir rendu sa mère morte d'inquiétude en lui annonçant qu'il allait au combat. Il pensait pas qu'il pouvait y mourir. Cette idée lui avait bien traversé l'esprit mais il n'y a pas accordé d'importance en se racontant la même histoire "On a de plus gros moyens. On a les meilleures armes. On est mieux entraîné. On est mieux organisé.". Ces mots ne prouvaient pas qu'il n'y mourrait pas, mais il ne fallait pas penser à la mort, ça pourrait l'attirer ; alors il n'y pensait pas et se répéter sa comptine à longueur de temps. Et puis arrivé dans le pays, ça ne s'est pas passé comme il le pensait. Il était là pour calmer, mais visiblement les habitants ne le savaient pas parce que ça a à nouveau pété, encore plus fort et parce qu'il était là ! Ce qu'il sont cons ces habitants, m'enfin...
Il était là pour les calmer, pour apaiser les tensions, alors pour ça les dirigeants ont décidés qu'il fallait que l'armée aussi il fassent péter le pays. C'est bien connu, ça calme tout de suite quand tu cognes... On lui a demandé de tirer sur des cibles, alors il l'a fait mais les cibles étaient humaines quand même ! Mais ça, il s'en est rendu compte qu'une fois l'adrénaline envolée. Il a fini par se rendre compte que les cibles, c'était des gens. Hommes, femmes, enfants, il avait pas réaliser en les regardant à travers son viseur ! C'est fou ce qu'un Sniper peut faire comme dégâts. Les corps mutilés, les membres disloqués, les viscères étalées, ça faisait beaucoup et il vomi au milieu des cadavres. Il regrettait. Il avait suivi les ordres. Il avait fait ce qu'on lui avait dit, mais personne ne l'avait jamais prévenu qu'il ressentirait ça. Il avait honte. De lui, de l'armée et de son pays. Il pensait pas qu'il mourrait au combat, mais il pensait pas que la mort était pareille pour tout le monde et qu'elle faisait toujours mal. C'était moche mais ils avaient calmé le pays, c'était le but. La fin justifie les moyens. Il est rentré dans son pays, il était un héros, un ancien combattant à 23 ans. Il a eu des médailles et des félicitations. C'était n'importe quoi, il l'avait compris et ça lui donnait la nausée, il voulait plus y participer. Il a quitté l'armée, est redevenu un civil.
Il s'est construit une vie tranquille avec un job, une voiture, une copine et un appartement. Et cette fille pour l'instant allongée sur son torse ne s'imagine pas qu'elle dort aux côtés d'un tueur.

